(Auto)biographies/Inspirants

Moi, Malala de Malala Yousafzaï

moi-malala

Malala Yousafzai avec la collaboration de Christina Lamb.
Edition Calmann-Lévy

« Prenons nos livres et nos stylos, ai-je dit. Ce sont nos armes les plus puissantes. Un enfant, un professeur, un livre et un stylo peuvent changer le monde. »

Ma mère m’a offert ce livre il y a quelques années, pour un Noël ou un anniversaire. Ce n’est pas du tout le genre de livres que je lis d’habitude, c’est pour cela que je l’ai commencé mais finalement vite abandonné. Puis il y a quelques jours, alors que j’avais eu une grosse période « ebook » et que j’avais envie de lire un bon vrai livre, je suis tombée sur celui-ci. Alors je me suis dis « Tiens, pourquoi pas. » Au fil des ans nous changeons, nous évoluons et nos intérêts changent. C’est certainement pour cette raison et parce qu’avec les années on gagne en maturité que je me suis laisser emportée par ce livre jusqu’à la fin. Moi, Malala tombait à pique. Dans ce climat de peur qui règne depuis les dramatiques événements survenus en France et ailleurs, j’étais habitée de tout un tas de questions, ce qui m’a poussé à ouvrir ce livre et à me plonger dans l’histoire de cette jeune fille qui elle, a vécu durant des années l’oppression des talibans et des attentats quotidiens. J’avais envie de savoir, de comprendre et le livre s’y prêtait très bien, car Malala est une célèbre militante des droits à l’éducation des femmes.

Résumé du livre:

« Lorsque les talibans ont pris le contrôle de la vallée du Swat, au Pakistan, une toute jeune fille a élevé la voix. Refusant l’ignorance à laquelle la condamnait le fanatisme, Malala Yousafzai résolut de se battre pour continuer d’aller à l’école. Son courage faillit lui coûter la vie. Le 9 octobre 2012, alors qu’elle n’avait que quinze ans, elle fut grièvement blessée par un taliban dans un car scolaire.
Cet attentat censé la faire taire n’a que renforcé sa conviction dans son combat, entamé dans sa vallée natale pour la conduire jusque dans l’enceinte des Nations unies. A seize ans à peine, Malala Yousafzai est la nouvelle incarnation mondiale de la protestation pacifique et la plus jeune candidate de l’histoire au prix Nobel de la paix. Moi, Malala est le récit bouleversant d’une famille exilée à cause du terrorisme ; d’un père qui envers et contre tout a fondé des écoles ; de parents courageux qui, dans une société où les garçons sont rois, ont manifesté un amour immense à leur fille et l’ont encouragée à s’instruire, à écrire, à dénoncer l’insoutenable et à exiger, pour toutes et tous, l’accès au savoir. »

Moi, Malala n’est pas vraiment un livre avec lequel on se détend. C’est une histoire difficile, d’autant plus qu’elle est vraie. Avec ses mots, cette jeune fille nous fait voyager jusqu’à sa terre natale et nous partage ses émotions, ses peurs, ses espoirs et son indignation. Elle nous parle de la culture de son pays, de l’amour qu’elle lui porte sans pour autant toujours comprendre ses traditions.

 » Nous jouions tous au cricket dans la rue ou sur les toits, mais je savais que lorsque nous serions plus âgées, nous autres filles devrions rester enfermées.Nous étions censées faire la cuisine et servir nos frères et pères. Alors que les garçons pouvaient gambader à leur guise dans la ville, ma mère ne pouvait pas sortir sans être accompagnée par un homme de la famille, même si c’était un petit garçon de cinq ans. Telle était la tradition. »

Malala est d’autant plus touchante par l’amour infini qu’elle voue à Dieu, le mentionnant tout au long du livre. Elle nous aide à comprendre sa religion de paix, et nous parle du Coran. Elle nous parle également des talibans, de la peur et du courage dont elle, sa famille et ses amies ont dû faire preuve pour continuer à vivre le plus librement possible. Elle nous parle de son incompréhension face à ces hommes qui se servent de l’Islam pour justifier la haine et la violence:

 » Ils insultent notre religion, déclarais-je dans des interviews. Si je braquais un pistolet sur votre crâne en vous disant que l’Islam est la vraie religion, adhéreriez-vous sincèrement à l’Islam? S’ils veulent que chaque individu au monde devienne musulman, pourquoi ne commencent-ils pas en se montrant bons musulmans eux-mêmes? »

« L’instruction est un droit, pensais-je. Tout comme le droit de chanter. L’Islam nous a donné ce droit et dit que nous devons rechercher la connaissance, étudier avec ardeur et apprendre les mystères de notre monde. »

J’ai particulièrement retenu une citation, qui pour moi représentait très bien les tristes attentats du 7 janvier 2015:

« L’Islam est-il si faible qu’il ne peut tolérer qu’un livre soit écrit contre lui? Pas l’Islam qui est le miens! »

Elle nous parle de la condition de la femme et comment les petites filles la percevaient à travers leurs yeux d’enfants, jouant au mariage forcée et simulant une mariée en pleure et des mères qui la consolent.

 » Le mariage fait parti de la vie, disions-nous. Sois gentille avec ta belle-mère et ton beau-père, et ils te traiteront bien, prends soin de ton époux et sois heureuse. »

A force de la suivre nous nous attachons à ses parents dont elle dépeint un portrait qui respire l’honnêteté. J’ai particulièrement aimé son père, ce militant infatigable qui a sûrement dû faire autant preuve de courage que sa fille. J’ai aimé beaucoup de passages le concernant.

« -Pourquoi ne veulent-ils pas que les filles aillent à l’école? demandais-je à mon père.
-Ils ont peur de la plume. répondit-il ».

Malala, nous ramène à travers son histoire à bien des époques et bien des conflits, nous rappelant que si certaines choses diffèrent, la morale est bien souvent la même. Elle cite notamment Martin Niemöller, survivant des camps nazis:

« Lorsque les nazis sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste. Lorsqu’ils ont enfermé les sociaux-démocrates, je n’ai rien dit, je n’étais pas social-démocrate. Lorsqu’ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste. Lorsqu’ils sont venus me chercher, il ne restait plus personne pour protester. « 

Elle nous exprime son amour pour l’école, cette soif d’apprendre intenable qui la rongeait, ce besoin de savoir. Elle m’a donné un peu plus foi en l’éducation, moi qui croyait déjà fortement en elle:

« Bien que nous adorions l’école, nous n’avions pas compris à quel point l’instruction était importante jusqu’au moment où les talibans avaient essayé de nous en priver. Aller en cours, lire, faire nos devoirs, ce n’était pas seulement un moyen de passer le temps, c’était notre avenir. »

J’ai lu ce livre en trois jours, autant dire que je l’ai dévoré. Pourtant, je n’ai jamais été attirée par ce type de lecture, préférant m’évader dans la fiction, moins cruelle. Hors j’ai appris quantité de choses au travers de se livre, aussi bien au niveau de la religion, que de l’histoire et de la culture.
J’ai adoré lire ce livre, parce qu’il m’a apporté un tas de réponses et m’offre l’opportunité de savoir. De comprendre. De pouvoir débattre. Grâce à cette lecture, je me sens plus ouverte sur le monde et plus instruite. En plus de ça, je pense que je lirais d’autres ouvrages de ce genre dans le futur, chose que je ne faisais pas avant.
En revanche, oui car il faut toujours du négatif, je n’ai pas vraiment aimé certains passages, à mon goût trop fourni en mots arabes. Certes cela rajoute de l’authenticité mais il est clair que lorsqu’on n’est pas du tout familiarisé avec la langue cela nous fait un peu butter dans la lecture et parfois la compréhension dans son ensemble est compromise. Néanmoins je salue la présence d’un glossaire à la fin et d’une chronologie des principaux événements au Pakistan. J’avoue que ce n’est pas un roman de tout repos et que certains passages sont complexes, et je n’ai pas toujours tout compris car il se passe beaucoup de choses et il y a beaucoup de personnages, politiques notamment, qui sont cités. Mais c’est un petit défi que j’ai aimé essayer de relever et je crois que je ne m’en suis pas trop mal sortie!

Je note ce livre 16/20. Car il m’a émue et rendu plus sensible encore à la cause des femmes et à l’importance de l’éducation. Si je devais le résumer en une phrase je dirais: Le savoir est une arme.

« Nous serons comme les prédicateurs de l’éducation. » 

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